L’accord plutôt que le procès : résoudre son conflit à l’amiable
Avant d’envisager une procédure judiciaire qui peut être longue et coûteuse, il existe des procédures de règlement amiable des litiges. Les voici.
Trois façons de tenter l’accord amiable
Il existe trois principaux types de règlement amiable des litiges : la convention de procédure participative, la conciliation par un conciliateur de justice et la médiation. Les parties peuvent, si elles le souhaitent, recourir à l’une ou l’autre de ces méthodes (voir ci-après).
Dans certaines situations, la tentative d’accord amiable est obligatoire avant de pouvoir saisir le tribunal. Tel est le cas lorsqu’un créancier entend recouvrer une somme qui n’excède pas 5 000 €.
De son côté, la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a généralisé le recours à un règlement amiable des conflits en cas de litige avec l’administration (voir Revue n° 396).
La convention de procédure participative
La convention de procédure participative est une convention par laquelle les parties en conflit s’engagent à rechercher ensemble un accord pour y mettre fin.
Pour la conclure, chaque partie doit être assistée d’un avocat. Cette procédure a donc un coût.
Coût
La convention doit, à peine de nullité, contenir les mentions suivantes : -noms, prénoms, adresses des parties et de leurs avocats ; -son terme ; -l’objet du différend ; -les pièces et informations nécessaires à la résolution du conflit ou à la mise en état du litige et les modalités de leur échange ; -le cas échéant, les actes contresignés d’avocat que les parties s’accordent à établir.
Contenu de la convention
Tant que la procédure est en cours, il n’est pas possible de faire appel à un juge pour qu’il statue sur le litige. La procédure prend fin à l’arrivée du terme de la convention, en cas d’accord mettant fin au litige, ou en cas d’inexécution par l’une des parties de la convention. Lorsqu’un accord, même partiel, est trouvé, il est constaté dans un acte sous seing privé contresigné par les avocats.
Issue de la procédure
La conciliation
La conciliation est une procédure gratuite car le conciliateur est une personne bénévole. Et les parties peuvent se faire assister ou non par leur avocat.
Coût
Les parties peuvent décider de recourir d’elles-mêmes à un conciliateur de justice (conciliation conventionnelle) ou c’est le juge qui peut leur imposer (conciliation judiciaire). S’il s’agit d’une conciliation conventionnelle, aucune durée n’est imposée au conciliateur pour réaliser sa mission. Mais s’il s’agit d’une conciliation judiciaire, le conciliateur a un délai de 5 mois pour tenter de concilier les parties (renouvelable une fois pour une durée de 3 mois).
Désignation et durée
Afin d’aboutir à un accord, le conciliateur de justice invite les intéressés à se présenter devant lui. Il peut aussi se rendre sur les lieux et entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile, sous réserve de l’acceptation de celles-ci. Le conciliateur de justice donne son avis sur la solution qui devrait être choisie par les parties. Ils jouent un rôle actif dans la procédure.
Déroulé
En cas de conciliation, même partielle, il peut être établi un constat d’accord signé par les parties et le conciliateur de justice. Lorsqu’un accord a été formalisé dans un acte hors la présence du conciliateur, ce dernier vérifie l’acte et établit un constat visant l’acte signé entre les parties qui est joint en annexe au constat de conciliation. La rédaction d’un constat est requise lorsque la conciliation a pour effet la renonciation à un droit. Un exemplaire du constat est ensuite remis à chacune des parties. Le conciliateur de justice procède également, sans délai, au dépôt d’un exemplaire au greffe du tribunal judiciaire. L’accord auquel sont parvenues les parties à une conciliation peut être soumis, aux fins de le rendre exécutoire, à l’homologation du juge compétent. Il ne peut pas en modifier les termes. Si l’accord de conciliation est contresigné par les avocats de chacune des parties, il peut être revêtu de la formule exécutoire par le greffe, sans l’intervention du juge. En cas d’échec, le conciliateur dresse un procès-verbal d’échec ou de non-conciliation et en informe le juge s’il s’agit d’une conciliation judiciaire. La procédure suspendue reprend son cours.
Issue de la procédure
La médiation
Le recours à la médiation est généralement réservé à des situations plus complexes qu’un simple recouvrement de créance.
Les parties doivent rémunérer le médiateur. Par contre, elles peuvent décider de se faire assister ou non par leur avocat.
Coût
Tout comme la conciliation, la médiation peut être conventionnelle (durée indéterminée) ou judiciaire (5 mois renouvelables une fois pour 3 mois). Le médiateur désigné peut être une personne physique ou morale.
Désignation et durée
Le rôle du médiateur est de permettre aux parties de trouver elles-mêmes une solution à leur litige, il ne lui appartient pas d’en proposer une.
Déroulé
L’accord issu d’une médiation peut faire l’objet d’une homologation qui lui donnera force exécutoire. La demande d’homologation doit être présentée au juge sur requête de l’ensemble des parties à la médiation ou de l’une d’elles, avec l’accord exprès des autres. Si l’accord issu de la médiation est contresigné par les avocats de chacune des parties, il peut être revêtu de la formule exécutoire par le greffe, sans l’intervention du juge. Dans tous les cas, le juge ne peut pas modifier les termes de l’accord. En cas de médiation judiciaire, à la fin de sa mission, le médiateur informe par écrit le juge si les parties sont ou non parvenues à trouver une solution au conflit qui les oppose. À défaut d’accord, l’affaire revient devant le juge. Rencontrer un conciliateur ou un médiateur sous peine d’amende Depuis le 1er septembre 2025, le juge peut, à tout moment, enjoindre aux parties de rencontrer un conciliateur ou un médiateur qui les informera de l’objet et du déroulement de la conciliation ou de la médiation. Et la partie qui, sans motif légitime, ne répond pas à cette injonction peut être condamnée au paiement d’une amende civile dont le montant peut atteindre 10 000 €.
Issue de la procédure